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Isabelle Leduc (télécharger cv, pdf 80kb)


Sans titre, 1996, papier, acrylique/bois, 80 cm diam.

Ni tout à fait peintures, ni tout à fait sculptures, ce seraient des bas-reliefs si on peut ainsi qualifier faute de mieux, ces reliefs peints composant, horizontal, sur l’espace du mur où ils sont accrochés une partition en autant de pièces. Silhouettes sorties d’impressions diversifiées… Quelles sont ces formes. Végétales, architecturale, animales…. Qu’évoquent-elles? Le "motif" devient forme autonome, peut-être masques, fragments architecturaux, blasons, éléments organiques, galets et pierres, espèces botaniques énigmatiques, étranges pictogrammes? Ces signes, ces formes s’écrivent au mur. Souvent en séquences ordonnées. Chaque composante se lit ainsi les unes par rapport aux autres tout en gardant chacune leur autonomie. Des "  mots " forment une phrase. Ici la peinture  y enfouit son récit avec une certaine distance. La couleur embrasse le territoire de la surface introduisant en son champ des éléments qui la modifie jusque dans sa structure. Le papier qui la porte, l’incorpore et la contient en s’y alliant évoque le métal, la terre, le plâtre des fresques. Il suggère une matière brute, tactile, fragile et solide à la fois. L’équilibre entre l’insuffisant et le déjà excessif révèle les tensions inhérentes. Avec charge mais discrétion, ces suggestions de la couleur englobent, tactiles, celles de nouvelles matières à mi-chemin entre ce que nous reconnaissons et qui s’imposent à nos souvenirs et un territoire neuf et inexploré. Surfaces et couleurs se télescopent. Les rôles sont subvertis. Il y un glissement de sens. Cuivre, métal oxydé dans la première pièce de la série Triptyque turquoise rose et jaune (2006) qui se fait caméléon entre le vert et le bleu. Rosée et bleutée pour la pièce médiane se rapprochant des murs toscans, d’une géographie méridionale tout comme cet ocre floral où les relents naturalistes, ce que nous connaissons, cèdent  encore le pas à une plongée dans le monde de couleur pure et stricte. A cette série " diurne " fait pendant cette autre série Voieul (2006)  dont les " blocs " pourraient suggérer une suite nocturne. Un déplacement s’opère. Ce déplacement réfère  à des natures différentes. Déplacement de sens, de lieux mais aussi de chronologies. Ce temps qui passe et que l’on sent est aussi un temps qui dure. Ces travaux sont à la fois de l’ordre de l’émergent, du fugitif que de l’inscription stable et définitive.


René Viau, 22.12.06

À lire aussi:
« Poésies en 3D, article de Françoise Belu pour Spirale. no 226, 2009, p.6.

Site internet de l'artiste http://web.me.com/isabelleleduc

Isabelle Leduc

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Sans titre, 1996, papier, acrylique/bois, 80 cm diam.

Galerie Graff

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